Design Driven Development et prototypage : pourquoi vos projets livrent des interfaces que personne n’utilise ?.

Sommaire de l'article

Design Driven Development : pourquoi vos projets livrent des interfaces que personne n’utilise ?

Résumé de l'article :

  • 66 % des projets logiciels n’atteignent pas leurs objectifs. La cause : le design arrive trop tard pour être une décision.
  • Le Design Driven Development place le prototypage et la validation utilisateur avant le premier sprint.
  • DDD ne signifie pas Domain Driven Design. Même sigle, approches opposées.
  • 5 principes fondateurs : UX First, prototypage rapide, feedback continu, design system partagé, itération Agile.
  • 85 % des fonctionnalités livrées sont rarement ou jamais utilisées. Le prototypage élimine ce gaspillage avant qu’il existe.
  • Chez toHero, la même équipe pense le parcours, construit le prototype et accompagne jusqu’au handoff.
  • La vraie question n’est pas quand livrer. C’est quoi valider avant de coder.

Contexte de l'article

Vous rappelez-vous la dernière fois que vous avez montré votre interface à un vrai utilisateur ? Avant le premier sprint. Pendant. Ou après la mise en production ? (Les amis et la famille ne comptent pas).

Votre réponse à cette question est essentielle : elle détermine, à elle seule, si votre produit s’apprête à être adopté ou ignoré. Et qu’on se le dise, vous n’avez aucun intérêt à livrer une plateforme fantôme. À ce propos : 66 % des projets logiciels n’atteignent pas leurs objectifs selon le célèbre Standish Group dans son Chaos Report de 2020. 

Et on vous arrête tout de suite. Le code n’y est pour rien, tout comme les délais. Le vrai problème provient du prototypage et de la validation utilisateur qui n’a pas été réalisé au bon moment. Alors prêt à changer tout cela ? C’est parti pour notre premier épisode sur le Design Driven Development. 

Le diagnostic : quand le design devient une belle décoration

Un problème culturel avant d’être technique

C’est bien connu le design c’est fait pour faire joli. Oui, enfin à faire joli mais surtout à convertir. Et si cela semble clair comme de l’eau de roche, au sein des opens space des organisations, tout n’est pas toujours aussi simple. 

Vous connaissez déjà le schéma. Les équipes business émettent un besoin sous forme de cahier des charges. Les équipes tech reçoivent alors le document. Chacun bien installé dans son couloir. Et le design arrive en bout de chaîne, une fois que les décisions structurantes ont été prises. Voilà comment une décision primordiale est transformée en simple décoration. 

« La culture française a toujours mis une barrière entre le business et l’exécution technique, ne laissant que très peu d'échanges entre ces deux mondes. Cet ancrage culturel conduit inéluctablement à la réalisation de solutions techniques qui ne répondent pas aux besoins des utilisateurs finaux. »

Résultat : vous livrez des produits techniquement solides, livrés dans les délais et conformes au cahier des charges, mais que personne n’utilise. 

Les chiffres qui résument le problème

Soyez rassurés, ce phénomène toucherait près de 50 000 projets dans le monde, selon le Standish Group. De quoi vous sentir moins seuls et vous rappeler que l’erreur est humaine tout comme l’itération. Mais alors comment expliquer ce nombre d’échecs à travers le globe ? 

Le premier facteur de réussite d’un projet IT repose avant tout dans le soutien apporté par la direction. Avant la clarté des besoins, il est essentiel d’impliquer des utilisateurs dans le processus de création. C’est la variable qui change tout pour vos projets. 

« 85 % des fonctionnalités livrés dans un logiciel sont rarement ou jamais utilisées. La cause : elles n’ont pas été validées avec les utilisateurs avant d’être codées. »

Et ça n’a rien à voir avec un potentiel problème de compétence ou de budget. C’est tout simplement un problème d’ordre et de priorisation. Il suffit de faire intervenir le design au commencement pour qu’il garde sa faculté décisionnelle

DDD : deux sigles, deux approches à ne pas confondre

Voici un point important avant de continuer notre récit. Le sigle DDD peut désigner deux approches radicalement différentes. Le Design Driven Development et le Domain Driven Design. Pas de panique, on vous explique leurs différences dans un petit tableau comparatif. 

Pensez à y prêter quelques minutes de votre temps.  Si vous étiez amenés à les confondre dans un brief, cela pourrait orienter vos décisions d’architecture vers la mauvaise direction. Et cà clairement personne n’a envie d’y penser. 

Critère Design Driven Development Domain Driven Design
Priorité L'expérience utilisateur (UX First) La modélisation du domaine métier
Outil central Figma, prototypage, wireframe, design system Event storming, langage ubiquitaire
Question clé Comment l'utilisateur vit l'interface ? Comment le métier structure les données ?
Livrable Wireframes, mockups, prototypes, handoff Cartes de contexte, diagrammes d'entités
Équipes Designers, devs front-end, UX researchers, Product Owner Architectes, devs back-end, experts métier
Méthodologie Itérations design–test–dev, prototypage rapide, handoff structuré Event storming, context mapping, repositories
Point de départ La maquette et le parcours utilisateur Le modèle de domaine et les règles métier
Cas d'usage Apps mobile, e-commerce, interfaces client, SaaS B2B ERP, systèmes complexes, microservices, logiciels métier
Compatibilité Agile, Lean UX, Design Thinking, Scrum Agile, microservices, architecture hexagonale, CQRS

À noter : Le Domain Driven Design et le Design Driven Development sont des méthodes différentes mais complémentaires. En effet, un projet peut tout à fait adopter le DDD D’Evans pour construire son architecture backend et le Design Driven Development pour ses interfaces. C’est d’ailleurs souvent la compilation des deux qui crée l'optimisation ultime des projets de logiciels sur-mesure complexes.

Qu’est-ce que le Design Driven Development ?

Le Design Driven Development est une approche qui permet de structurer le design et l’expérience utilisateur ensemble au cours du cycle de développement. La recherche utilisateur, le prototypage et la validation des parcours précède toutes les décisions techniques. Avant le premier sprint et le premier commit.

Née d’une convergence entre les méthodes agiles, le design thinking et Lean UX, le DDD ne rajoute aucune couche supplémentaire au processus projet. Il en change seulement l’ordre pour placer l’utilisateur au point de départ des interrogations. 

Illustration Prototypage et Design Driven Development
Illustration de wireframes

Les 5 principes du Design Driven Developement : des choix culturels

Le Design Driven Development est une méthode efficace pour changer la manière dont les équipes prennent leurs décisions. Chacun des principes que nous allons vous présenter est un choix organisationnel avec un impact concret sur vos projets logiciels.

1. L’UX First : chaque décision part d’une question utilisateur

Ici, les questions à se poser sont simples : qu’est-ce que l’utilisateur doit accomplir ? Qu’est-ce qui le freine dans sa navigation ? Comment agit-il aujourd’hui sur l’interface ? Répondre à ces interrogations avec un échantillon de vos utilisateurs finaux vous permet de définir les processus techniques à mettre en place. 

Ce que cela change pour les organisations : 

2. Le prototypage rapide : aucune ligne de code avant validation visuelle

On sait que vous l’avez déjà compris. Mais parfois c’est pas plus mal de se répéter. Il est essentiel de construire un prototype rapide et interactif pour simuler les flux, tester les parcours et révéler les frictions. De quoi faire de votre wireframe mockup un outil de décision avant même d’avoir écrit la moindre ligne de code.

«Tester avec 5 utilisateur suffit à révéler 85 % des problèmes d'usabilité. Les organisations qui investissent dans le prototypage UX en phase de conception réduisent leurs cycles de développement de 33 à 50 %. »

Ce que cela change pour les organisations : 

« Les développeurs passent en moyenne 50 % de leur temps sur du rework qui aurait pu être évité. Un Handoff structuré et un prototypage préalable coupent ce gaspillage à la source. »

3. Feedback continu : les retours alimentent chaque cycle

Chaque retour utilisateurs alimentent l’ensemble du cycle de conception et de développement. Ainsi, aucun sprint ne démarre sans validation de la phase précédente. 

Ce que cela change pour les organisations : 

4. Le design système comme langage commun

Avec l’approche Design Driven Development, les designers et les développeurs partagent le même référentiel : composants, tokens, typographies et espacement. Le tout, documenté, versionné et surtout réutilisable.

Ce qui permet de traduire ce que Figma définit en code implémenté. Sans interprétation. Pour un Handoff fluidifié grâce à un référentiel ou « source of truth » commun (source de vérité partagée). 

Ce que cela change pour les organisations :

5. L’itération Agile : chaque sprint est une opportunité de correction

Enfin, la méthode de l’itération issue de la culture Agile permet de mesurer l’écart entre le design et la réalité d’usage. Ce qui aide l’ensemble des équipes projet de corriger et d’optimiser le produit en évitant une dette fonctionnelle. C’est l’itération continue (l’amélioration) qui contribue au projet de vivre et de s’adapter constamment vers un mieux pour l’utilisateur. 

Ce que cela change pour les organisations :

Prototypage et Design Driven Development : les changements concrets pour vos projets

Quatre impacts organisationnels directs

Le design process du DDD (Design Driven Development) produit des résultats mesurables. Les développeurs récupèrent en moyenne 50 % du temps perdu sur du rework évitable grâce à un prototypage et un handoff structuré. (Amazon AWS).

Mieux encore : 

  • Le prototypage permet également d’arbitrer pour faire du subjectif en réunion, un cas concret et testable sur écran.  
  • Le backlog est priorisé par l’usage. Pour faire simple : les fonctionnalités sont arbitrées par leur impact sur l’adoption, pas sur leur complexité technique. 
  • Les interfaces sont adoptées par les équipes projets et les utilisateurs. 
  • On ne découvre plus les écrans et éventuels dysfonctionnement de workflow en phase de recette et on évite donc de refaire toute la chaîne de développement / test / validation.

Le ROI d’un design process structuré

« 9 900 % ROI moyen d’un investissement UX selon Forrester Research. Chaque euro investi en design utilisateur peut générer jusqu'à 100 euros de retour mesurable. »

Le Design Driven Development chez toHero

Une chaîne sans rupture : du prototype au code livré

Chez toHero, le Design Driven Development est notre approche de travail sur chaque projet qui touche de près ou de loin une interface. UX/UI et direction artistique, Application mobile en
React-Native, plateforme e-commerce et marketplace ou solution métier sur-mesure

La même équipe pense le parcours, construit le prototype, structure le design system et accompagne les développeurs jusqu’au handoff. Ainsi, il n’y a plus aucune perte de sens entre la maquette imaginée et le code livré. 

Vous souhaitez intégrer le Design Driven Development dans vos projets ?

Des projets qui parlent d’eux-mêmes

Nos références couvrent des projets d’envergure en e-commerce multimarque, en application mobile et en intégration ERP / PIM. Sur chacune de nos références, le prototypage et les tests utilisateurs précèdent toujours le premier sprint. 

Mais, le Design Driven Development seul ne suffit pas. Il doit impérativement répondre à la question :
« Comment construire ?»

Encore faut-il savoir ce que l’on cherche à construire. Et c’est là que la plupart des se projets se trompent dès le cadrage. 

La vraie question n’est pas : « quand livrer ? »

Valider avant de coder : le principe fondateur du DDD

C’est vrai ça, c’est quoi au final la question la plus importante dans la création d’un produit logiciel

5 tests utilisateur sur prototype suffisent à révéler la quasi-totalité des problèmes d’usabilité d’une interface. Un sprint de développement sans cette validation les crée. Le choix est simple. 

Construire quelque chose qui fonctionne. Construire quelque chose que les gens aiment. Ce sont deux ambitions différentes. Avec des critères de succès différents. 

C’est précisément à qu’interviennent le MVP et le MLP. Deux acronymes pour deux philosophies opposées en terme de construction produit. L’un répond à la question du risque budgétaire, l’autre répond à la question de l’adoption

Dans l’épisode 2 de notre série sur le Design Driven Developement, nous explorons pourquoi toHero a tourné le dos au Minimum Viable Product pour lui préférer le Lovable Product. Une approche qui change la question dès le cadrage. 

À bientôt pour de nouvelles aventures numériques ! 

FAQ - Design Driven Development

Qu’est-ce que le handoff designer-développeur et pourquoi il est critique dans le DDD ?

Le Handoff correspond à la phase de transmission entre designer et développeur. Il comprend les assets exportés au bon format, les annotations d’interactions, les états des composants, les breakpoint responsive et les tokens du design system. Dans une approche Design Driven Development, l’outil Figma joue le rôle de source of truth. C’est-à-dire la source de vérité qui fait que ce que le designer définit, le développeur l’implémente sans interprétation. Un handoff mal structuré est la première cause d’écart entre ce qui a été conçu et ce qui est livré. Et c’est ici que la majorité des projets perdent la qualité de l’intention design.

Un wireframe mockup est une représentation statistique basse fidélité de l’interface. Il valide la structure et les flux de navigation, sans entrer dans le détail visuel. Un prototypage interactif est quant à lui une simulation des comportements des composants, des transitions entre écrans et des parcours utilisateurs complets. Dans le DDD, le deux interviennent à des étapes différentes. Le wireframe en phase d’idéation pour valider la structure et le prototype avant le développement pour valider l’expérience. Les deux sont indissociables pour valider complètement le projet.

L’itération est le moteur du DDD. Via le double-track Agile, une piste design travaille à un deux sprints en avance sur la piste développement. Les équipes de développement disposent toujours de spécifications design validées à chaque sprint. Sans bloquer la cadence de livraison. Chaque sprint mesure l’écart entre l’intention design et la réalité d’usage pour corriger avant qu’il ne devienne une dette fonctionnelle. L’itération continue est ce qui distingue un projet DDD d’un projet qui livre une vision figée. 

Avec les chiffres. 85 % des fonctionnalités livrées sont rarement ou jamais utilisées selon le Standish Group. Les organisations qui investissent dans le prototypage UX réduisent leurs cycles de développement de 33 à 50 %(Nielsen Norman Group). Forrester estime de son côté, le ROI moyen d’un investissement UX jusqu’à 9 900 %. Des arguments implacables pour les DSI et les directeurs financiers. 

Sources et références

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